MES MONNAIES GRECQUES
Voici une petite monnaie, reçue ce jour, présentée sous forme de fiche d'identification et qui inaugure ici la petite série des "grecques" de ma collection que je montrerai au fur et à mesure.
Grande Grèce/Afrique du Nord - COSSURA - Bronze moyen
III-II° S. av. JC - Ø 21,3mm - 7,45g - axe frappe médaille - R1
L'île de COSSURA (actuellement l'île italienne de Pantelleria) à mi-distance si on trace une ligne droite entre Agrigente en Sicile et Hammamet en
Tunisie.
Initialement occupée par une peuplade d'origine phénicienne elle fut sous influence cathaginoise puis passa aux Romains en 217
av. J.-C.
Droit : buste d'Isis à gauche, cour. par Niké debout à droite, en bas à gauche, étoile (non visible ici),
Revers : légende punique
'YRNM dans une couronne.
Monnayage intéressant, pas trop courant, deux (ou trois) autres types à trouver ...
Références : Sear 6580 / Calciati III p. 359
N°1 / Forrer-Weber 8517 / SNG Cop. 449 var.
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Nord de la grèce - THRACE - Ville d'Apollonia du Pont - Drachme d'argent
V-IV° S. av. JC - Ø 13,2mm - 2,8g - R1
Droit : Anépigraphe, tête de Méduse de face, entourée de serpents, tirant la
langue.
Revers : Ancre renversée, A dans le champ à gauche, cantonnée d’une écrevisse dans le champ à droite.
Références : Sear 1655 -
BMC7 (Mysia) pl. II/3 - SNG Cop. 456
Commentaire : Ce type est décrit parfois comme
un tétrobole (pièce de quatre oboles). L’étalon monétaire est présenté comme thraco-macédonien. Nous préférons y voir un étalon rhodien. Au revers, ancre et écrevisse sont les symboles de la
cité. Après 350 avant J.-C., la tête de méduse sera assimilée à celle d’Apollon. Ce type était précédemment attribué aux incertaines dans la province de Mysie.
Historique : Apollonia
(En Bulgare : Созопол Sozopol, transcription du grec : Σωσόπολις Sosopolis) est une petite ville située à 30 km de Bourgas sur la mer Noire, sur les côtes de Thrace. On a
retrouvé les vestiges d'un premier peuplement sur le site par des Thraces, qui datent du XIVe et XIIIe siècle av. J.C. De récentes recherches archéologiques ont mis au jour une importante
nécropole de ce peuple datant des VIIIe et VIIe siècles av. J.C.. Vers 609 av .J.C.
Milet installe sur le site une colonie avec à sa tête Anaximandre (en grec : Anaximandros Anaximandros, 610-546), qui nomme la ville Antheia. La cité sera rapidement rebaptisée : Apollonia, à cause d'un temple consacré à Apollon et dont une statue colossale, transportée plus tard par Lucullus à Rome, sera placée dans le Capitole. À divers moments, Apollonia fut connue sous le nom Latin d'Apollonia Pontica "Apollonia sur la mer Noire" (L'ancien Pont-Euxin), en grec, Apollonia Pontikή et sous celui d'Apollonia Magna "La grande Apollonia", en grec, Apollonia Magna. Au premier siècle de notre ère le nom, Sozopolis (Σωζόπολις), a commencé à apparaître dans les documents écrits. Au cours de la domination ottomane, la ville fut connue sous les noms : Sizebolu ou Sizeboli ou Sizebolou.
Apollonia Pontica fut prisée par de nombreuses puissances car elle possédait deux ports situés dans des profondes baies bien abritées et fournissait ainsi un emplacement idéal pour les expéditions. La ville s'est rapidement imposée comme un centre commercial maritime incontournable, et ce pendant plusieurs siècles, en passant diverses alliances économiques. Elle bénéficiait d'industries importantes : de pêche, de production de sel, de bois et d'extraction des métaux, qui lui firent connaitre un véritable boom économique. La cité fut également le "port-grenier" des cités-États Grecques et de la Thrace. Les marchandises étaient non seulement non seulement pour ces cités (Notamment dans le Péloponnèse), mais aussi pour l'Égypte, la Syrie/Palestine et même Carthage. Ce fut la richesse de la ville qui lui donna son surnom d'Apollonia Magna et aussi par une statue colossale d'Apollon en bronze de 13,20 de hauteur, créée par le sculpteur Kalamis, qui était largement visible pour les navires de passage. Un différend avec le gouvernement de Mesembria pour le contrôle des mines de sel conduit au IIe siècle av. J.C. à une guerre qui fut remportée par Apollonia.
La ville avait trois quartiers fortifiés : Un sur l'île Sveti Ivan, l'autre au Sud de la cité sur la péninsule et le troisième sur les collines au-dessus la vieille ville actuelle. Apollonia possédait un théâtre, une agora et un gymnase. Outre le temple principal de l'île de Sveti Ivan, consacré au Dieu Apollon, il y avait un autre grand temple consacré aux Déesses Aphrodite et Hécate. La population Thrace de la cité avait aussi son temple dédié lui à leur Déesse de la fertilité. En 74 av. J.C, la cité fut prise par le Roi du Pont, Mithridate VI (123 ou 120-63) qui la fortifia pour renforcer ses défenses face aux Romains. Cependant, en 72 av. J.C l'attaque Romaine, menée par Lucullus eut raison de la cité qui tomba. Le Romain occupa les cités grecques des rives de la mer Noire, d'Apollonia jusqu'au Delta du Danube.
Ce fut à cette époque que fut emporté la statue d'Apollon au Capitole comme trophée. Elle fut plus tard fondue au cours de la Christianisation de l'Empire Romain. Les habitants des villes conquises demandèrent alors de l'aide au Roi Gète de Dacie, Burebista, (ou Boirebista ou Byrebistas, en grec : Βυρεβιστα ou Βυρεβιστας ou Βοιρεβίστας, 72-44 ou 70-44). Ce dernier défit l'armée Romaine près d'Histria (ou Istros) et intégra à son royaume les villes libérées d'Histria, Tomis, Callatis, Dionysopolis et Apollonia. Il poursuivit son avance et prit Mesembria, Odessos (ou Varna), Olbia et Tyras. Sous le gouvernement Romain, Apollonia retrouva son influence. En 330 ap. J.C le Christianisme se développa et une église fut construite. C'est en 431 que la ville apparue pour la première fois sous le nouveau nom de : Sozopolis.
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Centre de la grèce - ILLYRIE - Ville de Dirrachion - Drachme d'argent
IV° S. av. JC - Ø 18,6mm - 3,5g - R
Droit : Vache à dr. allaitant son petit à g. ΜΕΝΙΣΚΟΣ, grènetis, torche à droite, chien courant en exergue,
Revers : Double carré droit ornementé dans un cercle : ΦΙ-ΛΩ-ΤΑ autour.
Références : Sear 1879 - BMC7 25/26
Commentaire : Les drachmes d'argent de
Dyrrachion montrent sur l’avers, une vache allaitant son veau, un symbole de fécondité d'origine Euboenne. Le revers habituel est un motif géométrique étoilé double et symétrique. Il s'agit
probablement d'une représentation schématique des deux étoiles des Dioscures. D’autres explications incluent le backgammon, pour la ressemblance du motif avec la table du jeu populaire dit
"tavli"; des fleurs, y compris une spéculation romantique du XIXe siècle disant que le motif représenterait les jardins d’Alkinoos (cf : L’Odysée d’Homère).
Historique :
Ces drachmes forment la plus longue série des frappes gréco-illyriennes. Elles ont
été produites dans un poids standard d’environ 3,30 gr, probablement entre -270 et -45. Après une diffusion locale d’un peu plus d’un siècle, elles devinrent le moyen de paiement privilégié pour
les transactions commerciales avec les territoires des Balkans du nord-est, toujours à l'abri d'une occupation romaine durant la première moitié du premier siècle avant J.C. La production fut
alors augmentée, et son exportation massive fait de cette monnaie la plus courante parmi tout le monnayage Illyrien.
Historique de la ville : Epidamnos, colonie de Corcyre fut fondée en 623 avant J.-C. La ville était la capitale des Dyrrachi. En 435 avant J.-C., un conflit éclata entre Dyrrachium et Corinthe, à l'origine de la guerre du Péloponnèse. C'est aussi à cette époque que la cité changea de nom, pour devenir Dyrrachium au lieu d'Épidamnos. Au milieu du IVe siècle avant J.-C., la cité entra dans l'orbite corinthienne et monnaya au type corinthien. En 312 avant J.-C., Glaucias, roi des Illyriens s'empara de la ville avec l'aide des Corcyréens. Vers 280 avant J.-C., Dyrrachium était dans l'orbite macédonienne de Ptolémée Céraunos. La ville fut ensuite ruinée par les tribus illyriennes et finit par se placer sous le protectorat romain en 229 avant J.-C. Elle devint à la fin de la République le port le plus important pour le commerce avec l'Italie en provenance de Brindisium.
(Voir le très complet site sur ce monnayage Illyria.com)
Histoire de l'Illyrie : C’est un royaume des côtes de l’Adriatique sur sa rive orientale, correspondant à peu près à l'Ouest de la Croatie et de la Slovénie actuelle. Les Illyriens apparaissent vers le XXe siècle. C'est un peuple de souche Indo-européenne qui comprenait des Dalmates et des Pannoniens. Vers 1300, ils s'établissent sur les côtes Nord et Est de l'Adriatique. Aujourd'hui les archéologues les associent à la culture de Hallstatt (nom d'une période de l'âge de fer précédant l'antiquité. C'est aussi celui d'un lac et du site archéologique éponyme en Autriche, dans le Salzkammergut). Le royaume étaient divisés en plusieurs tribus (ou Ethnè), les principales étaient : Les Ardiéens (ou Ardianes), les Dalmates, les Dardaniens (ou Dardanët en albanais) qui vivaient dans l'actuel Kosovo, les Dassarètes, les Kaones, les Labéates, les Penestes, les Taulantins, les Thesprotes etc... Chacune possédait un Roi, il n'existait donc pas d'unité politique commune à tous.
Les Illyriens furent les premiers avec les Grecs, à s'installer dans les Balkans et constituèrent un immense Royaume. Au VIIe et VIe siècle, l’Illyrie subit une forte hellénisation du fait de ses relations avec les Grecs, qui y fondèrent des comptoirs : Apollonia (ou Sozopol), Épidamne, Dyrrhachion, Lissos, Orikos et sur la côte : Dalmate, Issa, Kerkyra, Melaina, Pharos. Au IVe siècle on assista à la formation de plusieurs royaumes Illyriens. La grande difficulté pour la connaissance de l'histoire de ce peuple tient à l'absence de texte écrit dans la langue Illyrienne. Toutes nos sources sont issues de la littérature grecque ou Romaine. Polybe (général, homme d'état et historien grec, v.205-126 av. J.C) nous affirme que la langue parlée à Skodra (ou Scodra ou Shkodra ou Scutari, aujourd'hui Shkodër), à la cour du Roi Genthios (180-168) était différente du grec, mais on en a retrouvé, à aujourd'hui, aucune trace écrite. Ces textes nous donnent une vue que très partielle de la vie à cette époque. Ils relatent surtout les conflits opposant le monde Grec et Illyrien.
On a pu constater qu'à certaine période les Illyriens s'unirent autour d'un chef, mais sans grande continuité dynastique. Le dernier royaume d'Illyrie est fondé en 385, par le Roi Bardylis I (ou Bardytys ou Vardylis, en Grec : Bardylis, 385-358) qui unifie le pays. Il prend pour capitale Skodra (ou Scodra ou Shkodra ou Scutari, aujourd'hui Shkodër) une ville du Nord-ouest de l'Albanie actuelle, ce fut la principale ville de la région au bord du lac du même nom, le plus grand lac des Balkans. Dès son arrivée au pouvoir, il se lance dans une politique d'expansion et envahit la haute Macédoine. Il impose le versement d'un tribut a son Roi Amyntas III (393-370/369). En 385, il défait les Rois Molosses d’Épire avec l'aide de Denys de Syracuse. En 360, le Roi de Macédoine Perdiccas III (365-359) est battu et tué avec 4 000 de ses hommes. Mais les années suivantes Bardylis I va devoir combattre contre le nouveau souverain de Macédoine Philippe II (359-336) et il est tué au combat. Son royaume est conquis définitivement en 355, par Philippe II et intégré à son Empire. Bardylis I a une fille, Birkenna, qui sera Reine d’Épire, elle sera une des épouses du Roi d’Épire Pyrrhos I (307-272).
De ses successeurs : Gravos (en grec : Gravos, 358-344), Pleuratos I (En Grec : Pleuratos, 344-335), Clitos (ou Kleitos, en grec : Kleitos, 335-317) on ne sait presque rien. Ce dernier a la malchance de se retrouver face au Roi de Macédoine Alexandre le Grand (336-323) lors de ses conquêtes expansionnistes, qui s'empare en 335 de la ville Illyrienne de Pélion. Après Clitos le titre royal passera à Glaucias (ou Glaukias, en grec : Glaukias, 317-303) Roi des Taulantins, qui règnera sur une communauté située plus à l'Ouest, dans l'arrière-pays de Dyrrachion (ou Durrës, deuxième plus grande ville d'Albanie). À la fin du IIIe siècle, la royauté revient à la dynastie des Ardiéens, qui garde pour capitale Skodra et dont le territoire s'étend au Monténégro et en Croatie méridionale, au Sud de la Neretva. Certaines de ces dynasties ont laissé de riches tombeaux, comme à Trebenishte où ont été mis au jour des masques en or et des vases de bronze du VIe siècle et à Selcë e Poshtme (en Croatie) où ont été mis au jour de la céramique, des pièces de parure, des monnaies, des outils et des armes datant du du IIIe siècle. C'est sous cette dynastie des Ardiéens que va débuter la grande période de la piraterie Illyrienne.
Durant ces années, les corsaires Illyriens s'attaquent aux navires Romains dans l’Adriatique et en mer Ionienne. Ils pillent les marchands Romains, grâce à des petites embarcations rapides, les lemboi. Ces agressions poussent les Romains à s'aventurer pour la première fois à l'Est de l'Adriatique et en 229/228, à leur déclarer la guerre. La République Romaine commence alors la conquête de la région avec, en 228, la prise de Dyrrachium et intègre une partie de l'actuelle Albanie. En 219, après la sécession de la Dalmatie du royaume d'Illyrie, les Romains prennent la capitale Skodra. De récentes fouilles nous apportent la connaissance d'une province Illyrienne antique appelée Buthrote (ou Buthrote ou Butrint ou Butrinti) qui est une ville, et un site archéologique, en Albanie, près de la frontière Grecque. En 168/167, elle est prise par les Romains qui y déposent son dernier Roi, Genthios (en grec : Genthios, 180-168). Ils y établissent un commandement militaire et en font une province Romaine, qu'ils appellent Illyrie (en latin, Illyricum). En 77, la Dalmatie est conquise et ajoutée à l'Illyrie. La région est un des théâtres de la confrontation entre Jules César (101-44) et Pompée (106-48), notamment les villes d'Apollonia (ou Apollonie, située sur la rive droite de l'Aous, près de l'actuel village de Pojani), de Dyrrachium et d'Oricum (nom d'une cité portuaire, située au Sud de Vlorë, en Albanie).
En 34, ce sont les régions au Sud de l'ancien royaume d'Illyrie et en 9 av. J.C, la Pannonie qui seront conquises par les Romains. Sous le règne d'Auguste (27 av. J.C-14 ap. J.C) à la suite d'une révolte des Illyriens, de 6 à 9 ap. J.C, le pays est partagé entre les provinces de Dalmatie et de Pannonie. Cette province Romaine correspond géographiquement à peu près à l'Ouest de la Bosnie-Herzégovine, de la Croatie et de la Slovénie. Dioclétien (284-285) et plusieurs autres Empereurs Romains seront originaires d'Illyrie. Au IVe siècle, le nom d'Illyrie est donné à une grande préfecture Romaine qui comprenait l'ancienne colonie ainsi qu'un large territoire au Nord de l'Adriatique et l'essentiel de la péninsule Balkanique. Sous la domination de Rome, la région prospéra et de nombreuses routes et édifices furent construits. À la chute de l'Empire Romain d'Occident en 476 ap. J.C, l'Illyrie fera partie de l'Empire Byzantin.
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